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Émergence et expansion de l’industrie mondiale de l’éducation

L’industrie mondiale de l’éducation est un secteur économique de plus en plus mondialisé dans lequel une large gamme de services et de biens en rapport avec l’éducation, souvent à but lucratif, sont produits, échangés et consommés. Elle est constituée par ses propres ensembles de processus, systèmes de règles et forces sociales, qui interagissent avec la production, l’offre et la demande de biens et services éducatifs. Il ne s’agit pas simplement d’un phénomène organique dans la sphère économique, mais, bien plutôt, l’industrie mondiale de l’éducation est façonnée et rendue puissante par des politiques publiques.

 

Les multiples raisons de l’émergence et de l’expansion de l’industrie mondiale de l’éducation

 

  1.     La mondialisation de l’économie

La mondialisation de l’économie favorise l’interdépendance et l’ouverture au commerce entre les États.  Le régime du commerce international favorise la libéralisation de toutes sortes de services, y compris des services d’éducation. Beaucoup de pays et de régions du monde aspirent à devenir des « économies de la connaissance » (en développant un modèle économique plus riches en produits et services liés à la connaissance). Il est logique qu’ils voient l’éducation comme un atout pour y arriver. Dans le jargon du commerce international, les quatre modes de fourniture de services d’éducation préconisés par les accords de libre-échange sont les suivants :

Mode 1 : fourniture transfrontière (fourniture d’un service en provenance du territoire d’un État et à destination du territoire de tout autre État. Le service traverse la frontière, mais le fournisseur et le consommateur restent chacun dans leur pays).

Exemple : enseignement à distance, établissements éducatifs virtuels, logiciel éducatif, formation professionnelle via les TIC

Mode 2 : consommation à l’étranger (fourniture d’un service sur le territoire d’un État à l’intention d’un consommateur de services de tout autre État)

Exemple : un étudiant se rend dans un autre pays pour suivre un cursus ou un programme d’études conduisant à l’obtention d’un diplôme

Mode 3 : présence commerciale (fourniture d’un service par un fournisseur de service d’un État, grâce à une présence commerciale sur le territoire de tout autre État)

Exemple : campus satellites, centre d’étude des langues, centres de formation privés tels que Microsoft, CISCO…

Mode 4 : présence de personnes physiques (fourniture d’un service par un fournisseur de services d’un État, grâce à la présence de personnes physiques d’un membre sur le territoire de tout autre État)

Exemple : professeurs d’université, enseignants et chercheurs travaillant à l’étranger sur une base temporaire

 

  1.     La marchandisation de la scolarisation

L’éducation ne devient pas seulement le chemin vers de meilleures possibilités d’emploi, mais aussi un « bien », une niche sociale liée à la consommation du sujet. Souvent, les familles sont en compétition pour trouver de lieux favorisés pour leurs enfants, cherchant ce que l’on perçoit comme de meilleures écoles. Cela se passe exactement comme pour les nations qui luttent pour améliorer leur position compétitive sur le marché.

Les politiques d’éducation ont de plus en plus mis en emphase les mécanismes de marché : choix et compétition. En conséquence, la scolarisation elle-même est marchandisée, puisque les consommateurs eux-mêmes rivalisent entre eux à la recherche des meilleurs services.

 

  1.     La financiarisation de l’éducation

Fournisseurs privés

Les investisseurs privés et les banques commerciales sont enclins à investir dans le marché de l’éducation en raison de son potentiel de rentabilité.

Établissements d’enseignement supérieur publics

Dans le contexte de la diminution relative des dépenses publiques au cours des dix dernières années, un bon nombre d’universités publiques sont de plus en plus impliquées dans la gestion de leurs propres opérations financières.

Étudiants/familles

La demande de crédit. C’est particulièrement vrai dans les pays où les gouvernements ont préféré élargir des programmes de prêts aux étudiants plutôt qu’augmenter la disponibilité des bourses d’études.

 

  1.     Les tendances internationales dans la gouvernance de l’éducation

Évaluations internationales en matière d’éducation

La pression qu’exercent les évaluations internationales (e.g. PISA). Les résultats de ces évaluations internationales mettent des pressions économiques et politiques sur les gouvernements.

Normes de base communes en matière d’éducation / Systèmes de responsabilisation en matière d’éducation

L’élaboration des normes de base communes en matière d’éducation au niveau des programmes d’études aide les entreprises qui vendent du matériel scolaire à bénéficier d’un marché plus large en termes de territoire. En effet, leurs livres, logiciels, ou autres instruments pédagogiques (pourvu qu’ils soient conformes aux normes en question) seront ainsi reconnus à une plus grande échelle.

L’expansion de l’éducation privée

Les gouvernements locaux n’ont pas toujours la capacité technique et politique de prodiguer un enseignement efficace. En conséquence, beaucoup de familles de la classe moyenne quittent le secteur public et inscrivent leurs enfants dans des écoles privées.

 

  1.     Une politique fondée sur des preuves (politique scientifique)

Les preuves sont utilisées de manière stratégique par les sociétés d’éducation. Ainsi, elles font la promotion de leurs produits ou services, pour présenter leurs solutions préférées face aux gouvernements et aux autres investisseurs dans l’éducation. Exemple : l’usage de l’imagerie et du langage des sciences expérimentales, comme les laboratoires, les recherches basées sur des données, les microscopes etc. Le business de l’éducation habille ses produits de rigueur et les rend ainsi plus attractifs.

 

  1.     Lien entre la technologie et l’apprentissage

Les entrepreneurs du secteur de la technologie qui s’intéressent à la réforme et la commercialisation de l’éducation considèrent la technologie de l’information comme un moteur clé des processus d’apprentissage de qualité, d’un meilleur accès à l’apprentissage, et des meilleurs résultats en matière de l’apprentissage.

Dans de nombreux pays en développement, la technologie est perçue comme un moyen efficace de compenser le manque d’enseignants et la formation insuffisante des enseignants.

L’OCDE préconise une approche axée sur le partenariat entre le secteur des technologies de l’information et les gouvernements comme un moyen plus efficace d’introduire les innovations et instruments technologiques dans la pratique quotidienne des écoles. Cela part du constat que, malgré la dimension globale qu’acquiert le phénomène, les relations entre le secteur informatique et les systèmes d’éducation est encore trop informel.

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